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Charles Buls > 1NPRI - Philosophie et Morale > Les Sophistes
Les Sophistes

Sophiste

Les mots sophiste et sophistique ont trois sens fort différents, qu'il vaut mieux ne pas confondre.


Trois types

On appelle sophiste ou sophistique...

  • Un ensemble de penseurs, d'orateurs et d'enseignants grecs du Ve siècle (et du début du siècle suivant) avant J.-C.
  • Chez Platon, suivi de la plupart des philosophes jusqu'à nos jours, une perversion volontaire du raisonnement démonstratif à des fins le plus souvent immorales.
  • Le développement de la réflexion et de l'enseignement rhétorique, en principe à partir du IVe siècle av. J.-C., en pratique à partir du IIe siècle après J.-C dans l'Empire romain.

La Première Sophistique

On peut considérer ce mouvement de deux points de vue :

  • Point de vue sociologique

Les Grecs faisaient la différence entre la sophrôsuné (sagesse-mesure/modération) et la sophia (sagesse-savoir). Parmi ceux qui s'intéressaient à cette dernière, il y eut d'abord les sophoi (sages, en particulier des Sept Sages), puis les philosophoi (chercheurs de sophia, philosophes). Entre les deux, se situent les sophistai (spécialistes de sophia, les premiers emplois du mot portent surtout sur un savoir technique, par ex. la musique). Sans pour autant former une école en soi, les membres de ce groupe avaient en commun plusieurs idées nouvelles. Au cours du Ve siècle, un certain nombre de sophistes, issus pour la plupart de cités périphériques ou de petite taille, parcourent la Grèce pour donner des leçons de sophia. Ces leçons sont payantes et même très chères, mais les sophistes promettent à leurs élèves (le plus souvent, de jeunes aristocrates) une rapide réussite. Au contraire du sophos ou du philosophos qui tendent à transformer leurs disciples en sophoi et philosophoi à leur tour, les sophistes ne veulent pas former des sophistai, mais, concrètement, des gens aptes à réfléchir, à prendre des décisions, à argumenter et à gouverner. Ils détournèrent leur attention des sciences et de la philosophie pour la porter sur des études plus pratiques, principalement la rhétorique, la politique et la loi, des habilités dont avaient besoin les jeunes Grecs afin d’assurer leur succès. Une partie de leur idéal éducationnel survit encore dans la notion moderne de « sophistication ». Ils encourageaient aussi une certaine connaissance des arts et métiers. Ils suscitent un grand engouement, mais aussi des réactions de la part de ceux qui estiment qu'ils sont des révolutionnaires. On ne possède que presque rien de leurs œuvres, sans doute parce que leur enseignement était payant : ils n'avaient pas intérêt à l'offrir librement au public.

Les grands sophistes les plus célèbres furent Protagoras, expert en droit, Gorgias, un maître de la rhétorique, Prodicos, l'un des premiers à étudier le langage et la grammaire, et Hippias d'Élide, une véritable encyclopédie vivante qui prétendait tout savoir. Il y en eut bien d'autres, dont certains, sans doute, étaient de purs charlatans, qui pouvaient porter l'éristique à un état dérisoire. Pour eux, la finalité se limitait à la victoire des arguments face à l'adversaire. Par exemple, Thrasymaque prétendait que par nature, le faible n'a aucun droit sur le fort. À cause de joutes oratoires, Aristote a qualifié d’agonistique cette pratique de la parole. Mais en dépit de cet aspect douteux, c’est entre autres à travers la critique socratique des arguments des sophistes que s’est constituée la méthodologie philosophique, sans oublier leur contribution aux progrès des sciences grammaticales et linguistiques.

Prodicos fit évoluer l’analyse du langage par son approche des différentes significations des mots. Sa contribution la plus significative se trouve dans sa méfiance de l'utilisation polysémique du verbe qui le pousse à établir un usage de mots ayant un sens précis dans lequel chaque expression doit faire référence à une seule et même chose.

  • Point de vue de l'histoire des idées.

Bien qu'on connaisse mal le détail des idées professées par les sophistes, il y avait certainement de grandes différences de l'un à l'autre. Cependant, ils semblent tous avoir travaillé dans les directions suivantes :

·        l'analyse rationnelle des situations, des caractères, des lieux, des événements.

·        l'étude non spéculative (comme celle des anciens physiciens d'Ionie), mais pragmatique de tous les domaines qui puissent être connus. En d'autres termes, face à un phénomène donné, la pensée traditionnelle faisait appel à la mythologie, les physiciens à une théorie sur la constitution du monde, tandis que les sophistes en faisaient une étude phénoménologique et posaient les questions : À quoi cela peut-il me servir ? Comment pourrais-je le maîtriser ? D'une certaine manière, les sophistes sont les ancêtres de la pensée techno-scientifique.

·        l'analyse du langage, non pour lui-même, mais en tant que moyen de persuasion, c'est-à-dire la rhétorique.

·        usage synonymique des mots, dans un sens strict, en vertu duquel chaque nom doit se reférer à un seul et unique objet.

La curiosité sans limites des sophistes et leur pragmatisme font qu'ils ont souvent été jusqu'à remettre en cause l'existence des dieux.

Le Sophiste selon Platon et la tradition philosophique

Les reproches de Platon (dans la bouche de Socrate) :

  • les sophistes font payer leurs leçons comme d'autres maîtres de technaï (sculpteurs, potiers, etc.), alors que la sagesse (sophia, voir plus haut) ne peut être ravalée au rang de technè et que la faire payer, c'est la corrompre.
  • les sophistes sont amoraux, puisque leur enseignement peut servir tout aussi bien à donner des armes à l'injustice, alors qu'ils prétendent donner à leurs élèves une éducation.
  • les sophistes manipulent le langage et préfèrent à la vérité l'efficacité.

Platon, en fait n'attaque que modérément les « grands » sophistes dont il est question plus haut. Ses dialogues mettent en scène des joutes entre des disciples de ces sophistes et Socrate (qui, bien entendu, vient aisément à bout d'eux).

Le sophiste, type philosophique :

Le sophiste est celui qui profite des ambiguïtés du langage pour produire des raisonnements d'apparence logique, mais qui contiennent des vices cachés. On parle de discours sophistiqué ou de sophisme. Les principaux types de sophismes ont été catalogués par Aristote dans sa Rhétorique, où il les définit comme des « semblants d'enthymèmes » (on traduit d'habitude par « enthymèmes apparents », mais ce n'est pas une bonne traduction : ce ne sont pas des enthymèmes, ce sont des raisonnements qui ont l'air d'être des enthymèmes).

 

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