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Charles Buls > Ateliers d'écriture > Conte : Crayon ordinaire
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Conte : Crayon ordinaire

 

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Bonne lecture.

 

 

Il était une fois dans une petite maison de campagne un crayon ordinaire qui aurait bien voulu devenir écrivain.

 

Il allait à l’école comme tous les crayons du monde. Tous les enfants l’adoraient parce qu’il leur apprenait à écrire, à dessiner.

Mais là, c’en était trop. Tous les soirs, il devait supporter la solitude.

Le jour, il découvrait le monde, regardait le beau sourire de l’institutrice, créait les plus belles œuvres que les plus grands artistes gardent jalousement dans leur grenier et qui furent les premières traces de leur débordante imagination. La nuit, rien de tout cela, il se sentait abandonné.

Chaque nuit, il pleurait, des larmes noires se répandaient dans le cartable ou sur une page blanche.

Tous les soirs, son amie Gommy la gomme venait le réconforter. Elle effaçait ses larmes et tout redevenait aussi propre qu’avant.

 

Comme à son habitude, Gommy entamait la conversation. Elle avait l’habitude d’écouter les dires de chacun, essayait d’effacer leur chagrin. Elle était devenue une confidente et une grande amie sur qui on pouvait compter.

 

-         Pourquoi es-tu triste tous les soirs ? Chaque nuit, je te regarde et chaque nuit, je te vois pleurer. Je n’ai jamais su te réconforter. Que devrais-je faire d’après toi ? Je suis triste moi aussi, dit-elle à son grand copain.

-         Tu sais, il n’y a rien à faire. J’en ai assez de vivre cette vie, d’être taillé à longueur de journée. Notre vie est si courte à nous les crayons ordinaires. Pourtant, à chaque fois, nous ressuscitons et bizarrement, ma vie continue avec les souvenirs de mes vies passées. C’est devenu un cycle éternel. Je me sens prisonnier du temps. Il est évident que j’aime voir le sourire des enfants, les regarder dessiner, les voir grandir et apprécier leur progrès en écriture et en dessin. Mais je n’en peux plus.

-         Mais qu’aimerais-tu faire alors ? demanda Gommy.

 

 

En regardant la lune, ses yeux s’écarquillèrent.

 

-         Gommy, j’aimerais découvrir le monde, l’écrire, le dessiner. J’aimerais vivre des aventures extraordinaires. Je ne veux plus vivre éternellement et sentir la solitude qui me ronge chaque nuit, dit-il.

-         J’aimerais vivre une seule vie, écrire le monde, être taillé jusqu’à mon dernier souffle et mourir avec le sentiment d’avoir eu une vie bien remplie, en laissant derrière moi une part de moi-même et celle des autres. Je leur ferais explorer le monde et ses merveilles dans un livre que j’aurai moi-même écrit.

 

En l’écoutant attentivement, Gommy ne put s’empêcher de verser une larme.

Elle admirait cet être ordinaire avec des rêves extraordinaires. Elle le comprenait.

Vivre ainsi éternellement peut vite devenir un supplice. Qui en voudrait de l’éternité ?

 

-         Je te comprends parfaitement, tu sais. Mais hélas, je ne peux rien faire. Je ne suis rien qu’une gomme, j’efface les chagrins, les douleurs mais je ne peux pas exaucer ton vœu, dit Gommy.

-         Je le sais et je te remercie. Chaque nuit, tu me remontes le moral et je dors bien grâce à toi. Sans toi, je ne sais pas ce que je ferais, dit Crayon ordinaire.

 

Gommy le prit dans ses bras, le serra très fort et ils s’embrassèrent avant d’aller se coucher.

 

Pendant toute la discussion, les livres de la bibliothèque ne purent s’empêcher d’écouter attentivement les conversations de leur voisin de chambrée.

Comme ils comprenaient Crayon ordinaire. Leur vie est aussi éternelle. Ils avaient depuis longtemps accepté leur condition. Ils savaient que le monde avait besoin d’eux. Grâce à eux, la société évoluait, parfois elle prenait une autre direction, mais la force des mots changeaient la mentalité des gens pour avoir une société plus juste et solidaire.

Ils représentaient à eux seuls les traces de l’humanité, la vie et la mort des hommes.

En cela, ils étaient heureux de rester éternels.

 

Tous les soirs, les livres compatissaient devant le chagrin de Crayon ordinaire.

 

Mais cette nuit était une nuit de trop pour eux. Ils ne pouvaient plus supporter de voir Crayon ordinaire pleurer toutes les larmes de son corps. Ils avaient décidé d’agir.

 

Géographia eut une idée géniale.

-         Et si je l’emmenais explorer le monde. Il pourrait visiter les merveilles du monde. Les pyramides, la muraille de Chine, le colosse de Rhodes, les phares d’Alexandrie et bien d’autres encore, dit Géographia.

-         Et moi, je lui ferai goûter les saveurs du monde, dit Cuisto.

-         Moi, je lui raconterais l’histoire de l’humanité, dit Historia.

-         Il découvrirait les animaux, les plantes, il les dessinerait, dit Scientia.

-         Et moi les plus grands écrivains, je pourrais l’aider à écrire son livre, dit Libris.

 

Mais tous se turent. Ils se regardèrent. Ils avaient compris que l’idée était excellente mais la concrétiser restait un rêve, une utopie. Alors que faire ?

Toutes les nuits, la conversation se terminait par un silence. Et toutes les nuits, les livres éternels regardaient la lune comme pour implorer les cieux de réaliser leur rêve.

Mais rien n’y fit. Dans quelques heures, le soleil allait balayer leur ardeur, leur enthousiasme et tout redeviendrait comme avant. Crayon ordinaire fera encore les beaux jours de son maître.

 

Comme ils allèrent se coucher, ils ne remarquèrent point une petite lueur du fond d’une étagère.

La petite lueur grossissait et une lumière dorée jaillit du fond de la chambre.

 

Les livres éternels arrêtèrent leur pas.

Gommy et Crayon ordinaire se réveillèrent.

La chambre était inondée par cette lumière aveuglante.

Tous les yeux fixèrent le point lumineux. Une silhouette apparut.

Les livres éternels reconnurent tout de suite que cette ombre ressemblait à un gros livre.

Une voix venant du fond des âges se fit entendre.

-         Bonsoir à tous, je m’appelle Grimoire. Vos larmes et votre tristesse m’ont réveillé de mon sommeil millénaire.

En se tournant vers Crayon ordinaire.

-         J’ai entendu ton vœu. Nous, les grimoires éternels, n’agissons que lorsque nous entendons le vœu d’une âme pure. Ta tristesse a sondé mon cœur et m’a réveillé. Je suis venu pour exaucer ton vœu. Alors quel est ton vœu le plus cher ? Je n’ai, hélas, pas beaucoup de temps.

 

-         J’aimerais parcourir le monde, découvrir ses merveilles, l’écrire et le dessiner pour en faire un livre, dit Crayon ordinaire.

-         C’est un bien joli vœu. Je n’ai jamais eu l’occasion d’exaucer ce genre de vœux, dit Grimoire.

 

Les livres éternels regardaient fixement et écoutaient d’une oreille attentive leur frère de chambrée. Jamais ils n’auraient imaginé qu’un vieux grimoire possédait quelques pouvoirs magiques. Comprenant l’hésitation de Grimoire à exaucer le vœu de Crayon ordinaire, Géographia prit la parole.

 

-         Grimoire, nous pouvons t’aider à trouver la bonne formule pour exaucer le vœu de notre grand copain, dit Géographia.

-         Depuis le temps que nous attendions ce moment, dirent en chœur les livres éternels.

-         Très bien, ensemble, nous pouvons trouver la bonne solution. Je vous écoute, dit Grimoire.

-         Nous avions eu l’idée de faire parcourir le monde à Crayon ordinaire grâce à Géographia, dit Scientia.

-         Grâce son atlas, il pourra choisir les lieux qu’il désire, continua Cuisto.

-         Je pourrais l’aider à comprendre l’histoire des lieux qu’il visitera, dit Historia.

-         Je l’aiderais à écrire son livre, poursuivit Libris.

-         Pour cela, il faudra que tu lui donnes le pouvoir de se déplacer dans l’atlas et nous serions ses compagnons d’aventures. Je serai leur guide, dit Géographia.

 

Une petite voix aigüe se fit entendre.

-         Et moi, dit Gommy. Je pourrais effacer les imperfections, les ratures. Je serai votre compagnon d’infortune.

-         Oh, excuse-nous Gommy. Nous t’avions oublié, dirent les livres éternels. Bien sûr que tu pourras nous accompagner. Mais tout dépendra de notre grand frère magicien.

A ces mots, ils se tournèrent tous vers Grimoire.

 

Grimoire réfléchit un moment. Un tel vœu demande beaucoup d’énergie. Son sommeil millénaire l’avait énormément affaibli. Retournant dans ses pages, il prit une profonde inspiration.

Une lumière encore plus dorée illumina la chambre. Les futurs aventuriers furent incapables de décrire ce qu’ils voyaient. Ils avaient l’impression d’être au cœur même du soleil.

Aux rayons lumineux s’ajoutaient une ribambelle de formules, de dessins incompréhensibles qui tournoyaient autour d’eux. La lumière devint si aveuglante qu’ils fermèrent leurs paupières. Une voix familière transperça la ribambelle.

 

-         Ecoutez-moi tous, dit Grimoire. Vous devez vous unir. Je n’ai pas assez d’énergie pour exaucer ce vœu mais grâce à vous tous, nous pouvons réussir. Accrochez-vous à moi. Surtout ne lâchez pas vos compagnons.

 

Grimoire fit tourner la ribambelle de plus en plus vite, d’autres formules vinrent s’ajouter aux dessins étranges puis soudain une explosion d’une énorme intensité vint secouer la chambre.

Le maître de Crayon ordinaire dormait si profondément qu’il ne pouvait entendre tout ce brouhaha d’incantations magiques. Même un tremblement de terre ne pourrait le réveiller.

 

La lumière disparut aussitôt et tout redevint calme.

 

Au lever du soleil, Arturo se réveilla en sursaut. Il avait fait un rêve bien étrange. Il avait rêvé que son crayon, sa gomme avaient disparu ainsi que beaucoup de ses livres de géographie, d’histoire, de sciences ainsi que le grimoire que son grand-père lui avait offert à son dixième anniversaire.

Sautant à toute vitesse hors de son lit, il alla scruter son bureau et sa bibliothèque pour en avoir le cœur net.

 

-         Tout est là, dit-il. Le grimoire, mes livres de géographie, d’histoire, de sciences. Il regarda dans son cartable, sortit sa trousse et trouva son crayon et sa gomme. Ce n’était qu’un mauvais rêve, encore un, se dit-il à lui-même.

 

Tandis qu’il se dirigeait vers sa garde-robe, il vit un étrange paquet déposé sur sa table de nuit. Il l’ouvrit aussitôt. Ses yeux s’écarquillèrent. Il resta muet. Il ne pouvait pas croire ce qu’il voyait. S’habillant en toute hâte, il dégringola les escaliers, se dirigea vers la chambre de ses parents.

 

-         Maman, Papa ! Vous n’allez pas me croire. C’est incroyable !

-         Mais qu’est-ce qu’il y a Arturo ? dirent les parents.

 

Arturo déposa un objet au pied de leur lit. Ses parents le fixèrent, incrédules.

-         Mais c’est un livre, Arturo. Pourquoi te mets-tu dans de tels états, dit sa maman.

-         Mais vous ne voyez pas, dit Arturo.

-         Qu’est-ce que nous devons voir ? Vas-tu enfin nous expliquer de quoi il s’agit ! dirent les parents.

-         Regardez l’auteur du livre, dit Arturo.

-         Oui, nous avons vu, il s’appelle Crayon ordinaire. Les parents réfléchirent un instant.

-         Tiens, c’est un drôle de nom pour un écrivain, dirent les parents. Le dessin de la première de couverture représente un crayon, une gomme et des livres de géographie, d’histoire et de sciences. Qu’y a-t-il d’étrange Arturo ? Nous ne te comprenons pas. A part le nom qui me semble bien étrange.

-         Mais, Maman, Papa ! C’est mon crayon, ma gomme et mes livres qui sont représentés sur le livre, cria Arturo.

-         Mais voyons chéri, ce n’est pas possible dirent les parents.

 

Voyant l’incrédulité de ses parents, Arturo prit le livre et alla se réfugier dans sa chambre.

 En montant les escaliers, il ne put s’empêcher de faire cette réflexion.

-         Parfois, les adultes ne comprennent jamais rien.

Il comprit aussi qu’il n’était encore qu’un enfant et parfois les enfants ont beaucoup d’imagination.

-         Mais là, ce n’est pas de l’imagination. C’est bien mon crayon, ma gomme et mes livres. Comment mon crayon a-t-il pu écrire un livre ?

 

Assis sur son lit, il ouvrit le livre et lut les premières lignes. La dédicace était adressée à Arturo ainsi qu’à tous les crayons, les gommes, les livres et les enfants du monde entier.

Il passa toute sa journée à lire. C’était le début du week-end.

Il contempla les dessins sur les pyramides d’Egypte, la grande muraille de Chine, les phares d’Alexandrie, les jardins suspendus de Babylone, le colosse de Rhodes, la statue de Zeus à Olympie, le temple d’Artémis à Ephèse, le mausolée d’Halicarnasse.

Il goûta aux milles saveurs que recèle le monde. Il apprit l’histoire de l’Antiquité jusqu’aux temps modernes. Il admira les dessins des animaux et les plantes de tous les continents.

 

A la tombée de la nuit, lorsqu’Arturo avait terminé le livre et s’était endormi profondément, Crayon ordinaire se réveilla ainsi que ses compagnons d’aventures.

Ses larmes et sa tristesse avaient disparu.

Chaque nuit, il avait le sourire.

Maintenant il avait toute l’éternité pour raconter ses aventures extraordinaires, lui qui fut un crayon ordinaire, il était devenu un crayon extraordinaire.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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La semaine du conte m'a inspiré l'écriture d'une histoire, celle d'un crayon ordinaire qui aurait bien voulu devenir écrivain et devenir ainsi un crayon extraordinaire.

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